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Douleurs au cou et cyclisme
Les douleurs cervicales
Partie du corps tellement essentielle et pourtant si peu protégée, le cou contient la moelle épinière, les artères et veines approvisionnant le cerveau ainsi que les voies respiratoires. Les douleurs au cou (cervicalgies) sont presque aussi fréquentes que les maux de dos. Plusieurs cyclistes souffrent de cervicalgies qui sont soit apparues progressivement ou lors d’une blessure traumatique.
Cervicalgies non-traumatiques
La majorité des cas de cervicalgies apparaissent progressivement sans accident. Une légère tension, qui est négligée, peut devenir une raideur ou même une douleur constante. Cette douleur peut se manifester lors de mouvements précis ou lorsqu’une posture est maintenue sur une longue période. Plusieurs structures du cou peuvent en être à l’origine : les muscles, les disques, les articulations facettaires, les nerfs et ligaments. Souvent, le problème résulte d’une blessure impliquant plus d’une structure.
1.
Les muscles: La posture adoptée sur le vélo n’est pas naturelle pour le cou. Celui-ci est continuellement porté en extension afin que le cycliste puisse regarder à l’avant. Afin de maintenir cette extension, un groupe de muscles extenseurs (dont je vous éviterai les noms) doit se contracter. La contraction prolongée ou répétée d’un muscle cause des petites lésions qui, en cicatrisant, vont faire perdre de la souplesse à ce muscle. L’accumulation de tissus cicatriciels, nommé adhérence, est associée à une diminution d’apport sanguin et du même coup d’oxygène. Un muscle qui se contracte en carence d’oxygène se retrouve plus rapidement en anaérobie qu’à la normale et accumule alors de l’acide lactique qui causera des sensations de brûlures et de la douleur. C’est pourquoi plusieurs cyclistes ressentent une douleur à la base du cou lors de longues sorties. Lorsque la situation se répète à plusieurs reprises, le muscle reste plus tendu qu’à la normale: on dira alors qu’il est hypertonique.
2.
Les articulations facettaires sont les jonctions entre les vertèbres du cou qui se situent dans la portion arrière de la colonne. La position en extension, jumelée à la contraction des muscles cervicaux, cause une compression et un frottement excessif des articulations facettaires. Ces événements irritants limiteront progressivement la mobilité des vertèbres. On parle alors d’un dysfonctionnement intervertébral ou d’une subluxation. La douleur ne fera son apparition qu’après un certain temps. La personne sera alors plus fragile aux « torticolis ». Comme les articulations facettaires sont branchées à des milliers de récepteurs nerveux, le problème peut avoir plusieurs répercussions: les maux de tête, les douleurs dorsales et les engourdissements dans les bras et les mains sont les plus fréquentes.
3. Dans le cas des cyclistes, les blessures non-traumatiques aux disques, ligaments et nerfs résultent habituellement des deux facteurs décrits précédemment. Si les lésions musculaires et facettaires ne sont pas corrigées rapidement, elles induiront à moyen et long terme des dommages au niveau des disques intervertébraux, des ligaments et des nerfs.
La plupart du temps, ce type de problème est associé à une mauvaise posture, sur le vélo ou lors d’une autre activité quotidienne. Il est important de prendre le problème en main sur deux plans : le traitement chiropratique pour réparer les dommages créés jusqu’à présent et corriger la posture afin d’éviter d’entretenir ce problème. Si l’un d’eux est négligé, la résolution des symptômes est compromise.
Cervicalgies traumatiques
Lorsqu’une chute survient et que le cou subit un traumatisme, l’histoire est différente. Tout d’abord, avant même de déplacer la victime, un examen s’impose : La victime est-elle consciente? Y a-t-il des douleurs ressenties au cou ou à la tête? Voir l’algorithme à la fin de la chronique.
Fracture vertébrale: Les vertèbres sont des os qui peuvent se fracturer comme ceux des bras et des jambes. Comme ces vertèbres sont situées à proximité de la moelle épinière et des artères qui amènent le sang au cerveau, le risque de complication est plus grand. C’est pour cette raison qu’il ne faut pas prendre de chance et subir une évaluation radiologique le plus tôt possible.
Entorse cervicale: Par définition, l’entorse est un étirement ou déchirement ligamentaire. Lorsque la lésion est importante, il y a un risque d’instabilité au niveau des vertèbres.
Si l’examen démontre une fracture ou entorse sévère, la consultation en orthopédie est primordiale. Heureusement, toutes les chutes ne se terminent pas avec une fracture ou une entorse sévère. Il ne faut toutefois pas négliger le problème. Les courbatures musculaires qui résultent du traumatisme se résorbent en 3 ou 4 jours. S’il reste des douleurs, raideurs ou pertes d’amplitude de mouvement, c’est probablement la faute d’un dysfonctionnement intervertébral (voir plus haut) et/ou d’hyper tonicités musculaires qui devront être traités par un chiropraticien ou physiothérapeute et ensuite rééduqués avec des exercices de renforcement et d’assouplissement.
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